UrbanVitaliz : Derrière la relance d'un projet de territoire à Concoret

Dans cette interview, nous explorons comment la commune rurale de Concoret, commune du Morbihan, a réussi à donner un nouvel élan à un projet essentiel pour l'avenir de son Centre Permanent d’Initiative pour l’Environnement (CPIE) grâce, notamment, au premier portail de Recommandations-collaboratives, UrbanVitaliz. Ce portail du Cerema apporte conseil et accompagnement des collectivités à la requalification des friches. Nous nous entretenons avec Ronan Coignard, maire de Concoret depuis 2014, et Benoît Le Barbier, chargé de mission au sein du CPIE de la Forêt de Brocéliande.

Pouvez-vous nous présenter la commune de Concoret ?

Ronan Coignard : Concoret est une commune rurale d'environ 780 habitants, située dans le Morbihan, à l'orée de la forêt de Brocéliande. C'est un territoire qui possède une identité forte, marquée par son patrimoine bâti, naturel et légendaire. Notre particularité est d'être une commune très dynamique sur le plan associatif et environnemental, notamment grâce à la présence historique du CPIE. Malgré notre petite taille, nous avons à cœur de maintenir des services de proximité et de porter des projets ambitieux pour revitaliser notre centre-bourg tout en préservant notre cadre de vie.

Pourriez-vous nous présenter rapidement le CPIE et son rôle sur le territoire ?

Benoît Le Barbier : Le CPIE est un centre permanent d'initiative pour l'environnement, une association labellisée qui œuvre pour faciliter les transitions sur le territoire français, notamment dans les domaines de l'eau, de la biodiversité, et du développement durable. Notre activité historique est l'accueil de groupes (classes découvertes, colonies, randonneurs) grâce à notre centre d’hébergement et de restauration, une activité que nous menons depuis bientôt 40 ans. Mais nous avons aussi développé un important volet d'accompagnement des collectivités sur des projets de transition, allant de l’animation de concertation à des aspects plus techniques comme la cartographie et la continuité écologique.

Quelle est la situation actuelle du CPIE de Concoret ? 

Benoît Le Barbier : L'activité a explosé, mais les locaux n'ont pas changé. Notre centre est éclaté — l'hébergement, la restauration et les bureaux sont dans des bâtiments séparés, ce qui complique l'entretien et la gestion des groupes. L'hébergement, prévu initialement pour 56 places ou deux classes, n'est plus adapté, car les classes sont plus grandes et les normes d'accompagnement plus exigeantes. De plus, nous n'avons pas l'agrément PMI pour accueillir les moins de six ans et l'accessibilité pour les fauteuils roulants est impossible. Enfin, les normes ne permettent pas la mixité des publics, ce qui signifie que si nous accueillons des enfants, nous ne pouvons pas louer les lits restants à un groupe privé.

L’idée de déménager le CPIE vers l’ancien foyer logement a émergé. Qu’est-ce qui rendait ce projet impossible à porter seul ?

Ronan Coignard : En toute franchise, la commune avait un très fort endettement à cause de travaux antérieurs. Se dire que nous pourrions financer des travaux dans cet ancien bâtiment était quelque chose qui semblait inatteignable. Nous avons dû laisser le dossier de côté un premier temps. Nous avons réactivé la réflexion avec la venue du sous-préfet et du préfet, l'idée étant toujours de soutenir cette économie associative, qui est la richesse de notre commune.

Comment le portail d’accompagnement UrbanVitaliz est-il entré en jeu dans ce contexte ?

Ronan Coignard : L'information est arrivée par le biais des secrétaires de mairie lors d'une formation. L’intérêt de l’outil était double : premièrement, il nous a apporté des pistes de financement potentiel. Deuxièmement, et c'est crucial pour une petite équipe comme la nôtre, l'outil nous a un peu forcés à avoir de la continuité sur ce projet. C'est important car nous avons de nombreux dossiers urgents à gérer et les relances régulières avec des pistes concrètes ont été très intéressantes.

Cette démarche a-t-elle mené à des résultats concrets ?

Ronan Coignard : Absolument. L'accompagnement que nous avons obtenu de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) faisait partie des pistes mentionnées par UrbanVitaliz. Nous sommes aujourd’hui dans une troisième phase avec l’ANCT et le cabinet EY pour voir quelles pistes de financement et quel porteur de projet serait le plus adapté pour le bâtiment.

Quel est l’objectif financier principal de cette phase de structuration ?

Ronan Coignard : L'enjeu est de trouver une structure en capacité de payer le loyer qui résultera des travaux. Pour cela, tout le travail consiste à augmenter au maximum les aides pour que le reste à charge du porteur de projet soit le plus faible possible, afin que le loyer pour le CPIE soit également le plus petit possible. Nous explorons même des subventions européennes comme Interreg et des mécanismes plus spécifiques inspirés de « Bigouden Makers », en travaillant sur la souscription, le mécénat pour financer la revitalisation.

Ce n’est donc plus seulement un projet immobilier pour le CPIE, mais un projet global pour la commune. Quel est le plan pour les deux sites ?

Ronan Coignard : L'idée, c'était de ne pas se retrouver avec les anciens bâtiments du CPIE vides dans le cœur de bourg. Le réaménagement du foyer logement répondra aux besoins du CPIE (75 lits, permettant la mixité des publics), mais il restera environ 200 m² de surface disponible pour lesquels nous avons imaginé créer une école autour des métiers du bois et notamment les ateliers de cette école. Les anciens bureaux du CPIE seraient transformés pour accueillir les équipes administratives de l’école et les salles de cours. L’hébergement, quant à lui, sera restructuré pour assurer un hébergement de quinze personnes maximum. C'est donc une solution globale pour le territoire.